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JIFA 2026 : la femme africaine célébrée à Kinshasa

18 juillet 2026 par
Kerma Heritage

Le 27 juin 2026, Kinshasa a fait un choix rare : consacrer une soirée culturelle entière à la valorisation de la femme africaine, dans le cadre du JIFA 2026 (Journées Internationales du Film Africain). Pas une conférence de plus sur « le rôle de la femme », mais une scène, des récits, des visages. On pourrait applaudir poliment et passer à autre chose. Chez Kerma Heritage, on préfère poser une question plus dérangeante : pourquoi a-t-on encore besoin, en 2026, d'organiser un événement spécial pour rappeler que les femmes africaines ont façonné l'histoire du continent ?

La réponse tient en un mot : effacement. Et c'est précisément ce contre quoi la mémoire, la vraie, doit se battre.

Une soirée symbolique, un problème structurel

JIFA 2026 fait bien les choses : mise en lumière d'artistes, de créatrices, de figures publiques congolaises et africaines, célébration de leur apport culturel et social. C'est nécessaire. Mais une soirée, aussi réussie soit-elle, ne répare pas des siècles d'histoire racontée sans elles — ou pire, racontée contre elles.

Prenez les manuels scolaires africains francophones : les femmes qui y apparaissent se comptent sur les doigts d'une main. Pourtant, l'histoire du continent regorge de figures qui ont dirigé des royaumes, mené des armées, négocié la paix ou porté la spiritualité de tout un peuple.

Des reines qu'on a oublié d'enseigner

  • Njinga Mbandi, reine du Ndongo et du Matamba (actuel Angola), qui a résisté militairement et diplomatiquement à la colonisation portugaise pendant près de 40 ans, au XVIIe siècle.
  • Amina de Zazzau, souveraine haoussa du XVIe siècle, qui a agrandi son territoire et fait construire les murailles fortifiées encore visibles à Zaria, au Nigeria.
  • Yaa Asantewaa, reine-mère ashanti, qui a levé une armée contre les Britanniques en 1900 pour défendre le Trône d'Or — symbole spirituel de tout un peuple.
  • Les Candaces de Méroé, dans l'actuel Soudan, dont plusieurs ont régné seules sur un royaume nubien puissant, à une époque où peu de civilisations confiaient le pouvoir suprême à une femme.

Ces noms ne sont pas des anecdotes. Ce sont des chaînons manquants d'un récit qu'on nous a servi tronqué. Et c'est exactement le travail que revendique Kerma Heritage : reconnecter chaque génération à cette filiation, pour que « femme africaine forte » ne soit plus un slogan, mais un héritage documenté, nommé, transmis.

Pourquoi la mémoire, pas seulement la célébration

Il y a une différence essentielle entre célébrer et transmettre. Célébrer, c'est un moment. Transmettre, c'est un mécanisme continu — qui passe par les objets qu'on porte, les récits qu'on raconte aux enfants, les symboles qu'on choisit d'afficher chez soi ou sur soi.

C'est là que le bât blesse souvent avec les initiatives ponctuelles, aussi belles soient-elles : la soirée se termine, les projecteurs s'éteignent, et le quotidien reprend sans que rien n'ait vraiment changé dans la manière dont on parle de ces figures le reste de l'année.

Ce que la diaspora peut faire, concrètement

La valorisation de la femme africaine ne devrait pas être réservée aux soirées de gala à Kinshasa. Elle se joue aussi dans les gestes du quotidien :

  • Nommer — apprendre le nom d'au moins une reine ou figure historique de sa propre région d'origine, et le transmettre à ses enfants.
  • Porter — choisir des bijoux, vêtements ou objets qui font explicitement référence à ce patrimoine, plutôt que des symboles génériques.
  • Raconter — remplacer, une fois de temps en temps, un conte importé par un récit issu de l'histoire royale africaine.
  • Documenter — dans les familles, poser des questions aux aînées : quelles femmes ont marqué la lignée, le village, la communauté ?

Ce ne sont pas des gestes symboliques vides. Ce sont des actes de résistance douce contre l'oubli — le même oubli que JIFA 2026 tente de combler le temps d'une soirée.

L'angle que peu osent prendre

Soyons directs : beaucoup d'événements culturels africains valorisent la femme à travers un prisme contemporain — mode, cinéma, entrepreneuriat, réussite sociale. C'est légitime et important. Mais cette approche laisse souvent de côté la profondeur historique. On célèbre la femme africaine d'aujourd'hui sans toujours la relier à celles d'hier qui ont, littéralement, porté des couronnes.

Or c'est précisément cette continuité qui donne du poids à la fierté contemporaine. Dire à une jeune fille congolaise, ivoirienne ou sénégalaise qu'elle « peut tout faire » a plus de force quand on peut ajouter : « comme Njinga, comme Yaa Asantewaa, comme les Candaces avant elle ». La fierté sans racine s'essouffle. La fierté enracinée dans une lignée documentée devient une identité solide, transmissible, incontestable.

Le risque de la célébration sans mémoire

Sans ce travail de fond, on risque de transformer chaque hommage en simple tendance culturelle — belle, mais interchangeable avec la prochaine mode. La mémoire royale, elle, ne se démode pas. Elle s'inscrit dans le temps long, celui des générations, pas celui des calendriers d'événements.

Ce que Kerma Heritage retient de JIFA 2026

Cette soirée culturelle est une bonne nouvelle et un rappel utile : le sujet mérite qu'on en parle, encore et encore, jusqu'à ce qu'il n'ait plus besoin d'événement dédié pour exister dans les esprits. En attendant ce jour, chaque initiative compte — celle de Kinshasa comme celle, plus discrète, d'une mère qui raconte à sa fille l'histoire d'une reine oubliée des livres scolaires.

Chez Kerma Heritage, on pense que cette transmission passe aussi par les objets qu'on choisit de porter au quotidien — des pièces pensées comme des ponts entre le passé royal africain et la vie moderne, pour que la mémoire ne reste pas enfermée dans une salle de conférence à Kinshasa, mais voyage avec chacune, partout où elle va.

Découvrez la collection Kerma Heritage et portez un morceau de cette histoire royale que trop peu de récits osent encore raconter.

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