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Holding et transmission : l'erreur fatale à éviter

13 août 2026 par
Kerma Heritage

Une holding, ce n'est pas un coffre-fort automatique

On le raconte souvent comme une évidence dans les dîners de famille bien informés : "monte une holding, et ta transmission sera protégée". C'est vrai en partie — et c'est justement cette partie manquante qui coûte le plus cher. Un article récent des Echos pointe une erreur que beaucoup de familles commettent sans le savoir : structurer une holding patrimoniale sans anticiper le régime fiscal applicable au moment précis de la transmission, et non au moment de la constitution.

Chez Kerma Heritage, nous parlons peu de fiscalité pure. Notre matière, c'est la mémoire, la filiation, le récit familial que l'on transmet en même temps que les biens. Mais un patrimoine mal transmis, c'est aussi une histoire mal racontée — celle où l'héritage se dilue dans une note d'impôt salée plutôt que de renforcer le lien entre générations. La technique et le sens ne sont pas deux sujets séparés : ils se soutiennent, ou ils s'effondrent ensemble.

L'erreur : confondre "avoir une holding" et "avoir préparé sa transmission"

Beaucoup de dirigeants et de familles créent une holding pour des raisons de gestion — centraliser des participations, optimiser une trésorerie, préparer une cession d'entreprise. Ce sont de bonnes raisons. Le problème survient quand cette structure, pensée pour l'exploitation, est ensuite utilisée telle quelle comme véhicule de transmission, sans ajustement.

Le piège concret

Prenons un exemple simple. Un entrepreneur crée une holding pour loger les titres de sa société opérationnelle. Dix ans plus tard, il souhaite transmettre à ses enfants. S'il n'a pas anticipé :

  • le pacte Dutreil et ses conditions d'engagement de conservation (souvent mal calibrées dans le temps),
  • la valorisation réelle de la holding au jour de la transmission (et pas celle, plus favorable, du jour de sa création),
  • la répartition entre actif professionnel et actif purement patrimonial (résidences, placements financiers logés dans la même structure),

...alors la transmission peut basculer d'un régime allégé à une imposition de plein droit. Résultat : des droits de succession qui grimpent, parfois au point de forcer une vente d'urgence d'un bien que la famille voulait justement garder.

Pourquoi cette erreur est plus fréquente qu'on ne le pense

Trois raisons reviennent systématiquement dans les dossiers que l'on croise :

1. La holding a été pensée pour l'entreprise, pas pour la famille

Elle répond à une logique d'efficacité économique à un instant T. Personne ne s'est demandé, au moment de la création : "et dans vingt ans, qui héritera de quoi, et dans quel ordre ?"

2. Le conseil fiscal et le conseil familial ne se parlent pas

L'expert-comptable optimise l'IS. Le notaire prépare la succession. L'avocat fiscaliste structure le pacte Dutreil. Rarement les trois s'assoient à la même table pour vérifier que la mécanique tient sur la durée — celle d'une génération, pas d'un exercice comptable.

3. On oublie que la loi change, elle aussi

Un montage pertinent en 2015 peut être devenu sous-optimal en 2026. Les seuils, les abattements, les conditions du Dutreil ont évolué. Une holding "figée" depuis sa création sans révision périodique est une bombe à retardement fiscale.

Ce que Kerma Heritage recommande : traiter la transmission comme un récit, pas comme un acte isolé

Dans les royaumes africains anciens, la transmission du pouvoir et des biens ne se limitait jamais à un acte juridique ponctuel. Elle se préparait sur des années, se racontait, se documentait, s'ancrait dans une continuité visible par tous les héritiers. C'est cette logique qu'il faut réintroduire dans la gestion patrimoniale moderne.

Trois réflexes à adopter dès maintenant

  • Auditer la holding tous les 3 à 5 ans, pas seulement au moment de la transmission — avec un fiscaliste ET un notaire dans la même réunion.
  • Séparer clairement l'actif professionnel (éligible aux régimes de faveur) de l'actif patrimonial pur logé dans la même structure — un mélange non maîtrisé annule souvent les avantages du Dutreil.
  • Documenter l'intention derrière la structure : pourquoi cette holding, pour qui, dans quel ordre de transmission. Un document qui accompagne les statuts, lisible par les héritiers eux-mêmes, pas seulement par les conseils.

La vraie question à se poser

Ce n'est pas "ai-je une holding ?" mais "ma holding raconte-t-elle, aujourd'hui, la transmission que je veux vraiment organiser ?" Si la réponse est floue, c'est le signal qu'il faut agir — avant que la loi, ou le temps, ne décide à votre place.

Transmettre, c'est plus qu'optimiser

L'erreur fatale décrite par Les Echos n'est pas technique au fond : elle est une erreur d'intention. On construit une structure efficace, mais on oublie d'y inscrire une histoire — celle de ce qu'on veut vraiment laisser, et à qui. Une holding sans récit de transmission est une coquille vide, aussi bien optimisée soit-elle sur le papier.

Chez Kerma Heritage, nous croyons qu'un patrimoine bien transmis est un patrimoine dont l'histoire a été pensée avant les chiffres. Si vous préparez la transmission de votre patrimoine familial et que vous voulez qu'elle porte votre héritage — pas seulement vos actifs — parlons-en. Nos accompagnements associent lecture patrimoniale et vision de long terme, pour que ce que vous transmettez continue de raconter qui vous êtes.

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